Les pas défrichent les herbes folles,
Le tonnerre rythme les battements de mon coeur,
L'adrénaline empli mes veines, mon coeur, mon sang, ma tête,
Mon corps,
Mon âme.
Je tremble de tout mes membres,
Le tonnerre se rapproche lentement.
La tension monte,
La mélancolie des fraîches nuits d'hiver,
Laisse place a la haine du crépuscule sanglant.
Une ligne redondante se forme au loin,
Une ligne.
La ligne.
Elle avance,
Au rythme de la foudre,
Leur pas ralenti.
Dans quelques minutes ils seront là.
Une faible brise caresse mon visage,
Fait osciller mes cheveux,
Qui, semblent être raidis sur ma tête par l'adrénaline.
Mon coeur est prêt à bondir de ma poitrine.
Mon âme enfle,
Mon corps peu éclater a tout instant,
Et libérer la fureur guerrière de mon âme.
La ligne est toute proche maintenant,
La ligne se change en une langue noire titanesque,
Envahissant toute la plaine.
La langue lèchera bientôt mes pieds.
La langue s'est arrêtée.
La langue s'est changée en une tache sombre.
Fixe,
Froide,
Recouvrant une surface
Que mon champ de vision ne peut même pas recouvrir.
Le temps s'est arrêté.
La brise a cessé.
Le tonnerre s'est tut.
Un silence divin règne sur tout.
Comme une atmosphère irrespirable par tous,
Une odeur insupportable,
Un malaise collectif,
On resta la une éternité à écouter le silence parler.
Brusquement,
La chaleur envahit les deux taches sombres.
Mon âme, prise sous une impulsion inconnue,
Enfle, enfle, enfle,
Repoussant de plus en plus les limites de mon corps,
Douleur, déchirante,
Je reste tout de même immobile,
Mon corps fini par éclater !
Mon âme prend feu,
Des braises me bourrent la bouche,
Je hurle un brasier,
Mes pieds nus sous la braise,
Le feu est partout en moi.
Mon âme se lance,
Je me donne une vitesse surhumaine,
L'espace et le temps ne sont plus qu'un vague souvenir,
Je me jette dans la langue.
Les deux taches sombres s'effritent en petites unités mouvantes,
Les deux taches s'affrontent.
La rage qui faisait vrombir mon corps,
A cédé place a une frénésie démente.
L'épée a la main,
Je coupe, tranche, découpe, déchire, Saigne, Achève, transperce, décapite,
Tue.
Je sème la mort,
La mort aux trousses.
Ma frénésie redouble d'intensité,
A tel point que mes yeux me paraissent tachés de sang,
Je n'y vois plus rien.
A l'aveuglette,
Je coupe, tranche, découpe, déchire, Saigne, Achève, transperce, décapite,
Tue.
L'épée coupe, tranche, découpe, déchire, Saigne, Achève, transperce, décapite,
Tue.
L'épée est mon outil, mon arme,
Mon symbole d'agression.
L'épée fait périr,
L'épée a un pouvoir destructeur,
L'épée... me coupe, me tranche, me découpe, me déchire, me saigne, me transperce.
La douleur de mon corps revient avec la mort qui vient chercher mon âme.
Je sens que la chaleur me fuit,
La frénésie s'est évanouie.
Une odeur de pourri.
L'épée, fait périr.
L'épée, m'achève.
L'épée me fait périr.
Je péri.
Mon corps tombe a terre,
Je le contemple encore quelques secondes puis fait volte face.
On dit que regarder la mort en face est vertueux,
Je crois que pour aujourd'hui je suis juste mort.
Je crois qu'aujourd'hui je peux même me permettre de lui tenir la main.
Marchons,
Qu'un sang impur,
Abreuve ta soif fade éternelle d'âmes fraîches.
On dit que fermer les yeux lorsque l'on traverse un pont permet de ne pas avoir peur.
Fermer les yeux, oui fermer les yeux.
Ne pas regarder en bas a ce qu'on dit.
Mère je vous vois !
Mère que ce souffle est glacial !
Mère, ce que ma peine est grande,
Mère ce que j'aimais la vie !
Mère, qu'est ce qui m'attend ici ?