L'adrenaline me brûle les muscles,
Fait fuser les idées dans mon esprit
Envahi par le chaos.
Une seule pensée me possède :
Nourrir ma soif de chair,
De sang, de violence,
De haine.
Je galope,
La vitesse me fait oublier
Le temps et l'espace.
Guidé par mon flaire,
Je goute l'air,
Cherche le filon sanglant.
Stop.
Les muscles bandés,
Je reste immobile,
Les sens en éveil,
Guettant le moindre bruit,
La moindre ombre dans les ténèbres.
Les feuilles bruissent furtivement,
Ma gueule se tourne sur l'instant.
Je bondit sur ma proie a découvert.
Le sang jalli,
Les feuilles des arbres sont souillées.
La rage brûle mon coeur
Et guide mes griffes.
La chair tranchée, le sang,
Le gout des tripes.
Une fois ma faim satisfaite,
Je grimpe jusqu'à la colline.
Contemple cet icone au pouvoir impalpable,
Si lumineux,
Si ténébreux au fond.
Une tristesse sans égal de puissance,
M'envahi soudain.
La rage semble se concentrer dans mon estomac,
Remonte rapidement vers ma gorge.
Je ne peux la garder,
Je hurle d'une voix qui ne me connais pas.
Le hurlement vient de l'intérieur,
Je ne le comprend pas,
Ne le vis pas.
Il me vit.
Cette sphere lumineuse m'aspire la rage
Et m'empli de d'une mélancolie
Brûlante de douleur.
L'horizon devient rose orangé.
L'icone blanchâtre
Semble chuter lentement.
Bientôt, il s'agit d'un croissant
A la lumiere pâle et blafarde.
Puis, une minuscule tache de lumiere.
Puis, la lumiere.
Une goutte d'or jailli de l'horizon,
Elle enfle.
Un croissant flamboyant
Illumine la forêt et mon coeur.
Mes muscles se détendent,
Mes os semblent fondre,
Ma peau de me fait plus mal,
Elle redevient lisse comme de la porcelaine.
Un énorme oeuf doré est maintenant dans le ciel,
au dessu de l'horizon.
Une faiblesse maladive me parcour le corps,
De mes jambes jusqu'au cou.
Je chute, et m'endors,
Nu sur le rocher dominant la foret,
Face à l'immensité de la nature.